Par Edouard Faure, Responsable Crédit de Swiss Life Asset Managers France

Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir ses taux directeurs inchangés lors de la prochaine réunion de son comité de politique monétaire prévue jeudi 5 février. Christine Lagarde n’a en effet aucune raison objective de modifier le niveau actuel des taux alors que les anticipations d’inflation restent autour de l’objectif-cible de 2%. Par ailleurs, la bonne tenue de la croissance en zone euro n’est pas de nature à justifier une baisse. Si le contexte géopolitique reste tendu (Iran, Groenland etc.), les récents développements et déclarations du président américain penchent pour une détente relative. La BCE garde cependant des marges de manœuvre en cas d’aggravationdes tensions internationales, en particulier au Moyen-Orient.

Outre-Atlantique, la future nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve Fédérale américaine (son nom a été proposé par Donald Trump mais son élection doit être encore validée par le Sénat) est plutôt de nature à rassurer les marchés. Kevin Warsh n’est pas tout à fait un inconnu dans les couloirs de l’institution monétaire basée à Washington puisqu’il a déjà siégé au conseil des gouverneurs entre 2006 et 2011. Cet économiste pragmatique a défendu l’indépendance de la Fed vis-à-vis du pouvoir politique. Un positionnement bien accueilli par les investisseurs dans le contexte tendu des derniers mois entre l’administration Trump et la Fed. Le successeur de Jerome Powell est attendu pour mener une politique de « colombe » (favorable aux baisses de taux) alors qu’il avait plutôt la réputation d’être un « faucon » lors de ses fonctions précédentes. Le banquier central était, en effet, fermement opposé aux opérations de « quantitative easing » lancées par la Fed dans le sillage de la crise financière de 2008. Quelle politique monétaire proposera-t-il en cas de choc sur l’économie américaine ?

Marchés obligataires : un mois de janvier marqué par un volume record d’émissions primaires

En ce début d’année, les marchés obligataires continuent d’évoluer dans une dynamique attractive. La classe d’actifs du crédit reste portée par la bonne tenue de la croissance économique dans un contexte de valorisations élevées des marchés actions. Le mois de janvier a été marqué par un volume d’émissions primaires record, inédit à cette période de l’année. Les investisseurs ont répondu présent et le resserrement des « spreads » a permis aux entreprises de lever des fonds dans des conditions favorables. Les niveaux de valorisation atteints nécessitent toutefois de rester vigilant même si les indicateurs restent au vert et justifient de rester positionnés sur cette classe d’actifs.