Le mois de février a été marqué par la bonne tenue des actifs risqués malgré la montée des tensions géopolitiques et quelques signaux de fragilité dans le crédit privé. Les actions européennes ont poursuivi leur progression, soutenues par la forte détente des taux souverains, tandis que les valeurs technologiques américaines ont reculé dans un contexte d’incertitudes liées à l’IA. Le marché High Yield affiche des performances positives grâce à l’effet porteur des taux (+0,30 % en Euro HY ; +0,11 % en US HY), même si les spreads se sont légèrement écartés des deux côtés de l’Atlantique. L’activité primaire a nettement ralenti après un mois de janvier exceptionnel.

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L’écartement des primes de risque est compensé par la baisse des taux souverains 

Notre stratégie High Yield

Le mois de février a été marqué par une résilience notable des actifs risqués, malgré une remontée des risques géopolitiques et quelques signaux de fragilité dans certaines poches du crédit privé. Aux États-Unis, l’activité est restée solide : la création d’emplois a surpris positivement, l’ISM manufacturier a poursuivi son redressement et la consommation a tenu un rythme soutenu. Cette dynamique robuste s’est toutefois accompagnée d’une inflation plus élevée qu’attendu. Sur le front géopolitique, les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont ressurgi fin février ; l’escalade a poussé le Brent à son prix le plus haut depuis sept mois. Enfin, quelques épisodes isolés de pression dans les marchés privés (en particulier dans certains véhicules semi-liquides de direct lending et au sein de BDCs) ont rappelé que la liquidité et les valorisations restaient des points d’attention.


Dans ce contexte, les marchés financiers ont globalement bien résisté. Les actions européennes ont poursuivi leur surperformance, portées par une saison des résultats favorable et par la détente des taux souverains. Ces derniers ont en effet fortement reculé, tant aux États-Unis (-33 bps sur le 5 ans, plus forte baisse mensuelle en un an) qu’en zone euro (-18 bps sur le 5 ans allemand). Cette baisse des taux a également soutenu les marchés obligataires dans leur ensemble. À l’inverse, les actions américaines ont été pénalisées par la correction des valeurs technologiques : le segment « software » a fortement reculé, sous l’effet de craintes croissantes autour de la concurrence potentielle des nouveaux outils d’IA. Les « Magnificent 7 » ont ainsi enregistré leur plus forte baisse depuis mars 2023. La décision de la Cour suprême américaine d’invalider une partie du cadre tarifaire en vigueur a par ailleurs ajouté de l’incertitude, poussant l’administration à annoncer un tarif global de 10 %, alimentant les craintes de tensions commerciales prolongées.


Le marché High Yield a enregistré des performances positives en février, portées par la détente des taux, tandis que les spreads se sont légèrement écartés dans toutes les catégories de notation, en Europe comme aux États-Unis. L’Euro HY (+0,30 %) a de nouveau surperformé le marché américain (+0,11 % en USD ; –0,02 % après couverture EUR), malgré un élargissement modéré des spreads (+6 bps). Aux États-Unis, les spreads se sont écartés plus nettement (+30 bps), reflet d’un marché plus exposé au secteur de la technologie et aux impacts éventuels du développement de l’IA. La dispersion continue de s’accentuer, rendant l’accès au marché primaire compliqué pour les émetteurs ayant de faibles notations ou de secteurs vulnérables. Le marché primaire est d’ailleurs en net recul au mois de février, après un mois de janvier record.Nous conservons un positionnement prudent dans les portefeuilles, avec un spread moyen inférieur à celui du marché. Nous n’avons pas modifié notre exposition aux taux et maintenons une duration supérieure à celle des indices de référence. Enfin, nous avons profité de la sous-performance du marché High Yield américain observée ces dernières semaines pour renforcer notre exposition à ce segment, tout en restant à l’écart des émetteurs les plus vulnérables à l’essor de l’IA.