Le mois de mai a été marqué par de fortes incertitudes entourant les discussions sur un éventuel protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, provoquant une importante volatilité des prix du pétrole (−19 % sur le mois, avec des variations de l’ordre de ±15 %). Ce contexte a ravivé les craintes de stagflation, poussant les taux souverains à des niveaux inédits depuis plusieurs années. Malgré l’absence de signature, les anticipations d’une issue favorable ont néanmoins dominé, soutenant la performance des actifs risqués : les primes de risque se sont resserrées, le haut rendement en euros (HYE) a surperformé (+1,05 %) grâce à la détente des taux (−11 pb), tandis que le haut rendement en dollars (HY$), en hausse de +0,34 %, est resté pénalisé par la remontée des taux (+14 pb).
Notre stratégie High Yield
Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen‑Orient ont continué à dicter l’évolution des marchés en mai avec un regain de volatilité sur les prix du baril de pétrole (-19% sur le mois avec des mouvements de +/-15%) qui aura été alimenté successivement par des espoirs, puis des craintes avant un retour des espoirs d’une forme de résolution du blocage du détroit d’Ormuz. L’incertitude accrue autour des négociations au milieu du mois a propulsé le baril de Brent jusqu’à 113 $, contribuant à une nette correction des taux, avec des rendements souverains atteignant des plus hauts de plusieurs années, les marchés intégrant un scénario d’inflation plus persistante qui conduirait à un risque de stagflation.
Les données macros américaines auront contribué à alimenter les craintes de stagflation, à commencer par la solidité du marché de l’emploi (payrolls >100k sur deux mois) qui combinée à des données d’inflation au‑dessus des attentes (+3,7% sur un an) auront créé un terreau favorable à un choc sur les taux en milieu de mois alors que les tensions persistantes sur la réouverture du détroit d’Ormuz avaient atteint leur paroxysme. En effet, les investisseurs anticipaient dès lors un scénario de pétrole durablement élevé pour le restant de l’année, renforçant le narratif de “higher for longer”. Puis, le reflux du pétrole en fin de période sur fond d’espoirs d’un protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, a toutefois permis de détendre ces anticipations inflationnistes et de stabiliser les marchés. Dans ce contexte, il est ressorti des Minutes de la Fed qu’une majorité de responsables ont averti qu’ils devraient probablement envisager de relever les taux si l’inflation demeurait durablement supérieure à 2%. Nombreux sont ceux qui ont appelé à abandonner purement et simplement le biais « accommodant ». De son côté, la BCE a convergé vers une hausse en juin, le débat portant sur son ampleur et sur la nécessité de poursuivre le resserrement par la suite.
Malgré la volatilité, le sentiment de marché s’est retourné en fin de mois, et en l’absence de signature d’un quelconque accord, les espoirs de résolution ont prévalu et ont permis aux actifs risqués de bien performer. Le rebond initié en avril s’est ainsi poursuivi : le S&P 500 progresse de +5,26% (en devise locale), inscrivant un nouveau plus haut historique à 7580 points, tandis que le Stoxx Europe 600 affiche également une hausse solide de +3,20%. Dans cet environnement, le High Yield a délivré une performance solide soutenue par la compression des primes de risque (-12 pb HY€, -11 pb HY$). La surperformance de l’Europe (+1,05%) par rapport au marché américain (+0,48% en $) aura été soutenue par la forte détente sur les taux (-11 bp sur le 5 ans allemand), malgré l’extrême tension observée en milieu de mois, alors que les taux ont pénalisé le marché US (+14 pb sur le 5 ans US).
La remontée des taux souverains depuis le début de l’année continue de soutenir le niveau de rendement global de la classe d’actifs, malgré le resserrement des primes de risque. Nous estimons que l’environnement actuel reste favorable à une stratégie de portage. Nous avons ainsi profité du marché primaire et d’opportunités sur le marché secondaire pour poursuivre la diversification des portefeuilles de nos fonds à échéance. Concernant les fonds ouverts, nous avons également participé aux nouvelles émissions et avons légèrement resensibilisé le risque crédit au cours du mois pour bénéficier du fort Momentum de marché, conservé une exposition longue à la duration afin de bénéficier de niveaux de taux toujours élevés.